Un véritable ballet hip hop, voilà ce que Kader Attou a voulu faire de cette quatorzième création de la Compagnie Accrorap, Opus 14. Approfondir cette idée de masse, de collectif dansant dans lequel une dynamique s’imprime, s’inscrit dans l’espace. Chaque individu se construit dans le groupe, dans le frottement des différences et la reconnaissance de similitudes mais tout en cherchant à affirmer sa propre singularité. Cette quête est au cœur du propos de ce ballet où se mêlent intimement un hip hop poétique, fragile, sensuel, et un hip hop de la virtuosité, sans exclusion, époustouflant. Les seize danseurs forment une sorte de communauté qui évolue en totale osmose, organique, élégante, cohérente. Un groupe qui, dans l’urgence ou le temps suspendu, veut traduire la déliquescence de la société, l’aliénation de l’homme, tour à tour cloisonné, naufragé, esclave de ses machines… La force des corps en mouvement, associée à une scénographie qui laisse apparaître au sol un tapis couleur de glaise et des peintures originales, ainsi qu’une musique inventive, à la fois acoustique, électro et lyrique font de ce spectacle un véritable tableau vivant. Une empreinte chorégraphique sur l’Humanité en marche.



