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Jean-François Zygel / Musique Oblique / Debussy

Une nouvelle soirée en compagnie de Jean-François Zygel et de l’Ensemble Musique Oblique. Après Chostakovitch, Ravel et Fauré, c’est Debussy qui est à l’honneur cette saison. Dans un premier temps, le musicien, compositeur et analyste éclairé qu’est Jean-François Zygel, nous dévoile, d’une manière
extrêmement pertinente bien que ludique, l’univers du compositeur et nous donne des pistes pour mieux entendre et comprendre ses œuvres. Après l’entracte, place à !’Ensemble Musique Oblique pour un concert dédié à ce même musicien.

Claude Debussy est considéré aujourd’hui comme un précurseur de la musique contemporaine. Car, plus encore que les romantiques, il marque une rupture avec la forme classique. Ses compositions se distinguent par une construction mélodique librement inspirée des musiques orientales. Les thèmes sont épars, disséminés, les recherches harmoniques audacieuses, les nuances infinies et la rythmique complexe. Ses œuvres sont avant tout sensorielles et elles visent à faire éprouver à l’auditeur des sensations particulières en
traduisant en musique des images et des impressions précises. Ce qui lui a valu le titre de musicien impressionniste.

Debussy – Sonate en trio pour flûte, alto et harpe – Quatuor à cordes

Jean-François Zygel / Musique Oblique / Gabriel Fauré

Seconde soirée de la saison en compagnie de l’Ensemble Musique Oblique et de Jean-François Zygel. Une Leçon de musique suivie d’un concert en l’honneur du musicien français Gabriel Fauré. Le nom de Fauré est indissociablement lié aux mélodies, aux pièces pour piano et à la musique de chambre, dont il est le véritable créateur en France. Mélodiste de tout premier plan, sa musique se marie remarquablement aux poèmes de Verlaine, Hugo, Jean de la Ville de Mirmont, Armand Silvestre… Ses pièces pour piano, éloignées de tout effet, sa contribution majeure à la musique de chambre le placent parmi les grands compositeurs qui régénérèrent la musique française au tournant du siècle.

Le tour de force que Jean-François Zygel réalise avec ses Leçons est qu’il parvient à s’adresser à tous, sans considération d’âge, de classe ni de compétence musicale, en fonction d’un postulat simple: si vous ne venez pas à la « grande » musique, celle-ci doit venir à vous -lui-même jouant naturellement, dans ce processus, le rôle du médiateur nécessaire. L’art pédagogique de Zygel ne relève en rien de la maïeutique socratique. Son talent n’est pas dans la question qu’il pose, dans la réponse qu’il suscite ou les mots qu’il fait naître. Zygel n’entend pas faire deviner, ni ne cherche à mettre sur la voie. Zygel nomme, désigne, analyse, décrypte : son talent réside dans la limpidité de ses explications. Zygel ne suggère point: il expose et dévoile, s’adressant au public d’une voix sûre, égale et claire.
Frédéric Gaussin – Pianiste

Programme Fauré 1er quatuor avec piano, La Bonne chanson en version quintette avec piano

Jean-François Zygel / Musique Oblique / Ravel

Après la soirée consacrée à Dimitri Chostakovitch la saison dernière, nous retrouvons deux fois l’Ensemble Musique Oblique accompagné de Jean-François Zygel (la seconde soirée sera dédiée à Gabriel Fauré). En première partie de soirée, une Leçon de musique qui permettra à l’analyste éclairé et l’interprète virtuose qu’est Jean-François Zygel de nous présenter Maurice Ravel et son œuvre d’une façon passionnante et extrêmement vivante. En seconde partie, les musiciens de Musique Oblique nous offriront un concert de chambre dédié à ce même compositeur.

Pianiste et compositeur, Jean-François Zygel est également professeur d’écriture et d’improvisation au Conservatoire National Supérieur de Paris. Ses Leçons de musique, créées à la mairie du 20e puis diffusées sur France Musique et éditées en DVD, nous aident à appréhender la musique classique de l’intérieur. Avec un grand professionnalisme et beaucoup d’humour, il rend cet art accessible à tous, en nous donnant des pistes pour mieux l’entendre et le comprendre.
Ni absolument moderniste ni simplement impressionniste, la musique de Ravel s’inscrit dans la lignée du classicisme français initié au 18e siècle par Couperin et Rameau, dont elle fut l’ultime prolongement. Éclectique par excellence, Ravel sut tirer profit de son intérêt pour les musiques de toutes origines (Espagne, Grèce, Orient, musique tzigane… ). La musique noire américaine, que lui fit mieux découvrir Gershwin en 1928, le fascina. Il en introduisit de nombreuses touches dans les chefs-d’œuvre de sa dernière période créatrice (ragtime dans l’Enfant et les sortilèges, blues dans le second mouvement de la Sonate pour violon, jazz dans le Concerto en sol et le Concerto pour la main gauche). Dans sa production générale, la musique de chambre n’est pas abondante mais tout à fait maîtrisée.

Je n’ai jamais éprouvé le besoin de formuler, soit pour autrui, soit pour moi-même, les principes de mon esthétique. Si j’étais tenu de le faire, je demanderais la permission de reprendre à mon compte les simples déclarations que Mozart a faites à ce sujet. Il se bornait à dire que la musique peut tout entreprendre, tout oser et tout peindre, pourvu qu’elle charme et reste enfin et toujours la musique.
Maurice Ravel – Esquisse autobiographique, 1928

Ravel – Sonate pour violon et violoncelle – Chansons madécasses pour flûte, violoncelle, piano et voix – Trio en la avec piano

Jean-François Zygel / Ensemble Musique Oblique / Chostakovitch

Quoi que l’on puisse penser des anniversaires et de leur utilisation à des fins commerciales dans le domaine de la musique classique, ils présentent quand même l’intérêt de constituer un hommage, auprès du public le plus large et de contribuer – du moins on peut l’espérer – à une meilleure connaissance du répertoire des musiciens. De Dimitri Chostakovitch, on peut espérer que le public non averti retiendra autre chose qu’une petite valse anodine qui sert à vendre des polices d’assurances et des disques d’un violoniste &ançais plus féru de business que de musique. Rêver d’une réconciliation d’un public encore plus large avec ce compositeur que l’on peut considérer comme le grand classique du 20e siècle, est-ce une utopie ? Notre modeste contribution prendra une forme originale qui s’articule autour d’une vraie leçon de musique brillamment administrée par Jean­ François Zygel et les instrumentistes de l’ensemble Musique Oblique, et d’un concert avec deux pièces de musique de chambre rarement interprétées : le très classique Quintette avec piano et les émouvantes, fortes, sombres ou lumineuses, parfois violentes, parfois apaisées, Sept romances sur des vers d’Alexandre Block.

Dimitri Chostakovitch reste l’un des plus grands compositeurs du siècle passé. Fortement marqué par le contexte politique et idéologique de son époque, honoré puis censuré par le régime stalinien, il demeure un artiste assez mystérieux. Influencé par toutes sortes de courants et de tendances musicales comme le jazz, la musique d’avant-garde ou la musique traditionnelle russe, il fut constamment déchiré entre son œuvre « officielle » et son œuvre libre.

Depuis 1997, Jean-François Zygel fait partager sa passion de la musique classique et contemporaine à un public éclectique réuni dans une salle de la mairie du 20e à Paris. Lorsque j’ai débuté ces initiations à la musique classique – je n’aime pas le mot conférence – nous étions trente dans la salle des mariages. Aujourd’hui, huit cent personnes y assistent, tous les premiers jeudis du mois. Il faut dire que l’homme est passionnant. Jamais verbeux ou condescendant face à un public de néophytes, il choisit les exemples sonores plutôt que l’abstraction de l’explication et l’humour plutôt que le prosélytisme. Tour à tour analyste éclairé et interprète passionné, il explique la musique sans jamais lasser. Vous pouvez retrouver ses émissions chaque mercredi sur France Musique.
Jean-François Zygel a reçu la Victoire de la musique 2006 pour le DVD musical de l’année: La leçon de musique – Œuvres de Ravel, Fauré, Bartok, Chopin, Chostakovitch, Franck, Debussy, Mendelssohn (Naïve)

Sept romances sur des vers d’Alexandre Block pour soprano, violon, violoncelle et piano
Quintette avec piano en sol mineur opus 57
pour quatuor à cordes et piano

Musique Oblique

2006 sera, entre autres, une année Mozart, celle du 2506 anniversaire de sa naissance. Ne boudons pas notre plaisir avec Musique Oblique qui revient après nous avoir proposé la saison passée deux concerts, La Sonate à Kreutzer et Yiddishland. Programme instrumental et vocal pour évoquer le génie du compositeur autrichien, où plane l’ombre de Constance Mozart.

C’est à un bouillonnement sensuel, à une intelligence qui fuse que nous consacrons ce programme, à cette musique où la gravité est légère, la concision est volubile, la tristesse enjouée, la trivialité métaphysique.
La voix, la musique de chambre, deux domaines où Mozart, cet oiseau spirituel, nous stupéfie, nous enchante, explique Rémi Lerner.

C’est à Sharon Coste, soprano canadienne qui partage sa carrière entre opéra et concerts que reviendra la tâche de porter l’instrument que Mozart a sublimé entre tous : la voix.

Mozart Quatuor avec piano en sol mineur, Adagio et fugue, Airs de concerts

Musique Oblique

L’Unité de la programmation ne vient pas des œuvres des compositeurs mais de l’esprit de la musique qu’ils ont écrite. Prokofiev et Chostakovitch s’inspirent des « thèmes juifs » et produisent deux des plus belles compositions de la musique de chambre du 20° siècle, si différentes, et qui à elles deux couvrent le spectre des expressions de la musique yiddish. Rire, pleurer, chanter, et parfois tout en même temps; mélancolie de tempi de fête effrénés. Dans ce Yiddishland bat un cœur gros comme ça.

(…) Les six chambristes participant à la soirée ont fait alterner raretés et tubes comme cette fameuse Ouverture sur des thèmes juifs de Prokofiev. En introduction, on entendit la prière Kol Nidre selon Max Bruch suivie du Trio pour piano, violon et violoncelle de Chostakovitch. Mais avec le grand compositeur russe, les choses ne sont jamais aussi simples, comme les interprètes l’ont bien montré. Auteur d’un superbe opéra Macbeth, le grand compositeur suisse Ernest Bloch a su gorger de lyrisme la page célèbre qu’est Nigun.
On monte d’un cran avec l’Ouverture de Prokofiev pour quatuor à cordes, clarinette et piano où les six musiciens mettent toute leur énergie. On sent le jaillissement du flot musical emporté par une rythmique qui n’a rien à envier à celle du Stravinsky de l’Histoire du soldat. Contraste absolu avec les premières mesures à la limite du vide des Rêves et prières d’Isaac l’aveugle pour clarinette et quatuor à cordes du quadragénaire argentin Osvaldo Golijov.
Soudain, dans le Néguev des seize cordes, une mélodie immémoriale, celle de quelque berger biblique, monte de la clarinette, inondant d’humanité le désert rythmique et mélodique. Comme un magicien, le clarinettiste entraîne ses camarades dans un tourbillon de rythmes déhanchés. Ce délire de musique klezmer nous plonge dans quelque cave d’Europe centrale où tradition, folklore et musique savante se donnent joyeusement la main.

Serge Prokofiev Ouverture sur des thèmes juifs clarinette, quatuor à cordes et piano
Max Bruch Kol nidre, alto et piano
Dmitri Chostakovitch Trio avec piano op. 67 violon, violoncelle et piano
Ernest Bloch Nigun, violon et piano
Osvaldo Golijov The Dreams and Prayers of Isaac the Blind, clarinette et quatuor à cordes

Musique Oblique

Deux concerts du groupe Musique Oblique vous sont proposés cette saison. Cet ensemble, passionné par les répertoires romantiques et post-romantiques, porte une attention toute particulière aux différents courants qui ont animé le tournant du 19e au 2oe siècle, aux flux créateurs de cette période charnière, caractérisée par un bouillonnement artistique sans précédent depuis la Renaissance. Ce premier spectacle s’articule autour de la Sonate à Kreutzer, œuvre musicale et littéraire.

À plus de soixante ans, Tolstoï termine La Sonate à Kreutzer, un texte détonnant, détonant, étonnant qui relate l’histoire d’un mari, dévoré par la jalousie, qui poignarde son épouse surprise en compagnie de son amant supposé, lui-même violoniste. Bouleversé par cette nouvelle, Leos Janacek compose en 1923 La Sonate à Kreutzer, son premier quatuor à cordes -véritable opéra de chambre sans paroles. Celle de Beethoven, écrite en 1803, et que Tolstoï désigna comme symbole de la passion fatale et destructrice, fut dédiée à un violoniste français, François Kreutzer.
Musique Oblique a choisi d’éclairer et de renforcer la portée dramatique de la musique de ces deux œuvres par la lecture du très beau texte deTolstoï, adapté par le comédien et metteur en scène Laurent Rey.

Ludwig van Beethoven Sonate à Kreutzer op. 47 (Adagio sostenuto, presto) violon et piano
Leos Janacek La Sonate à Kreutzer, quatuor à cordes n° 1
Ludwig van Beethoven Sonate à Kreutzer op. 47 (Finale, presto)