» Vaillant par nature et menteur par coutume « , le jeune et séduisant Dorante est prêt à toutes les impostures pour conquérir Paris et ses femmes. Usant et abusant d’affabulations et de galanteries, Dorante se veut un héros, résolument acteur de sa vie. Afin de se faire une place dans cette société parisienne qui détient le pouvoir, le mensonge semble être une nécessité. Mais le menteur est loin d’imaginer que la belle Clarice, qu’il veut subjuguer, lui tend un piège en faisant passer sa cousine pour ellemême ! L’euphorie du mensonge tourne alors au vertige. Qui aime qui ? Qui sont les menteurs ? Dans une mise en scène décapante, bousculant allègrement les codes du théâtre français, Julia Vidit donne à réfléchir sur l’usage du mensonge dans une société contemporaine qui ne jure que par l’image. Le dispositif scénique évolutif, composé de miroirs qui tantôt renvoient au monde les apparences, tantôt font miroiter les rêves, renforce cette impression permanente de faux-semblants auxquels nous sommes confrontés. Et Corneille, avec cette comédie aussi drôle qu’acide, de poser en 1644 la question, particulièrement vive aujourd’hui : « Toute position de pouvoir ne s’établit-elle pas sur le mensonge et la fiction ? »





