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PAPARAZZI

L’équipe du Cartoun Sardines Théâtre nous invite, avec ce spectacle inventif et facétieux, à découvrir le monde imaginaire, implacable et fantaisiste de l’auteur roumain Matei Visniec.

Nous voici transportés dans un monde futur, où la société ressemblerait à la nôtre, bien que dénaturée par quelques évènements imprévisibles, et sournoisement oppressée par un système invisible et omniprésent. Auteur vivant et prolifique, maître de l’écriture laconique du petit format, Matéi Visniec ouvre la boîte de Pandore, celle d’une réflexion sur l’homme, d’une prise de conscience de nos motivations. À partir d’un florilège de textes choisis, le Cartoun Sardines Théâtre imagine une mise en exhibition singulière et extravagante de l’univers de Visniec, un sortilège théâtral, vécu dans un monde inventé, absurde, et pourtant réel… Un carrousel d’acteurs explore les subterfuges et les échappatoires d’une société en déclin tandis qu’un musicien orchestre l’univers sonore inspiré d’un monde futuriste décadent, façon Jacques Tati. Un théâtre existentiel et humaniste, hémicycle forain qui légitime l’absurdité de notre époque.

Angèle

A l’évocation de Giono et de Pagnol, on pense à la Provence d’antan et aux récits réalistes et humanistes de ceux qui ont si bien rendu hommage à la terre, à leur terre. L’équipe de Cartoun Sardines choisit de porter à la scène l’histoire d’Angèle, popularisée par le film de Marcel Pagnol adaptant le roman Un de Baumugnes, de Jean Giono. Angèle, fille de paysans, vit dans une ferme provençale. Un beau jour, la jeune fille se laisse séduire par Louis, un mauvais garçon de passage qui l’entraîne à Marseille et la prostitue. Quelques mois plus tard, elle revient à la maison avec un enfant. Le déshonneur familial : son père l’enferme à la cave avec son « bâtard ». Mais Angèle pourra compter sur la bienveillance de Saturnin et Amédée, les valets. Ici, le public assiste au texte joué et simultanément, au tournage évoqué, simulé, chorégraphié et inventé du film. Aucune caméra, aucune projection, tout est suggéré et théâtral… Le jeu des acteurs est double, tantôt personnages du film, tantôt techniciens de cinéma. La distance avec l’histoire est constante, sa lecture est multipliée comme un miroir sans fin. Une complicité s’installe avec le public, les acteurs révèlent ainsi le monde à la fois réel et invisible du champ et du hors-champ. Un bel hommage à Pagnol, l’un des pionniers du cinéma parlant.

Nous Autres

L’action se situe au 30e siècle. D-503, un mathématicien au service de l’Etat Unique vit dans une ville idéale régie par le Bienfaiteur, un modèle et un guide. Il est l’inventeur de l’Intégral, une superbe machine qui va permettre à cet état de coloniser d’autres peuples et de les forcer à être heureux. Mais le bonheur peut-il rendre heureux lorsqu’il devient obligatoire ? D-503, doutant de la force de cet idéal, va tenter d’enrayer la machine d’un système qui ne supporte aucune remise en question et qui élimine les dissidents. La nouvelle création de la compagnie Cartoun Sardines Théâtre aborde un thème qu’elle estime essentiel : l’utopie comme lieu du bonheur suprême. Le livre Nous Autres de Eugène Zamiatine, qui a inspiré 1984 de George Orwell, et dont est tiré le spectacle, est une critique envers un régime qui souhaite régenter et contrôler au maximum la vie des citoyens en leur offrant la possibilité de vivre un bonheur constant, sans se soucier de leurs désirs profonds.

Nous Autres est le témoignage du personnage principal D-503 et des personnes qui le rencontrent ou le côtoient. Il y a donc quelque chose du documentaire dans notre transcription à la scène, une volonté de montrer comment ça se passe au 30e siècle. Le documentaire permet de présenter Nous Autres sur scène et de raconter cette histoire totalement irréelle comme si elle était vraie. La forme rend l’histoire possible et dangereuse, mais surtout, le collage des émotions réalistes et des actions fictives apporte un humour tendre et une acuité critique. Le jeu des détails vraisemblables et des situations inventées donne au théâtre un ton léger, vivant et sensible. “ 
Patrick Ponce et Dominique Sicilia

Faust

Offrir une vie sonore à un chef d’œuvre du film muet, voilà le pari fou qu’a brillamment réussi la troupe marseillaise Le Cartoun Sardines Théâtre. Elle a choisi le Faust de Murnau, un film qui témoigne, de par ses effets impressionnants et ses trucages précurseurs, du talent du cinéaste expressionniste de l’entre-deux guerres. Dans ce jeu délirant de miroir, mélange de dérision, de dérisoire, de vérité et d’émotion, le spectateur devient complice et la magie opère…

Les trois comédiens et musiciens ne se contentent pas d’une illustration musicale, ils créent une véritable bande-son. Ils ont ôté les sous-titres et les remplacent par des paroles, des bruitages, de la musique. Le comédien Patrick Ponce prête, tout au long de la projection, sa voix à l’écran. Il campe Méphisto, Faust, tante Marthe tandis que deux comparses agrémentent l’ensemble de bruitages, et qu’un musicien crée les mélodies.