LES BONNES

Distribution

De Jean GENET par le Thélltre de Bourgogne

Résumé

La chambre d’une femme riche. lit, commode, coiffeuse, profusion de fleurs. Cette femme parle à sa bonne avec une insolence outrée, sonnant faux. Elle lui manifeste une véritable haine, une violente répulsion. Parfois même le dialogue déraille carrément. Le ton, monté trop haut, fléchit, De brefs moments d’abandon Interviennent. Oubliant leurs situations respectives, les deux femmes se laissent aller jusqu’à se tutoyer, à donner des mar­ques d’une étrange complicité. Soudain vient le tour de la servante. Elle exprime, avec la même furieuse et invraisemblable violence, le dégoût de son humble condi­tion. A l’instant où, ayant atteint le paroxysme de la rage, elle paraissait être sur le point d’étrangler sa patronne, retentit la sonnerie criarde et déplacée d’un réveil. Le Jeu doit prendre fin. Car c’était bien un jeu. ou plutôt, les deux rôles étant tenus par deux bonnes. un psychodrame spontané. La vraie maîtresse mainte­nant va rentrer. Il faut tout ranger en vitesse. Oter la jolie robe, rendosser la vieille défroque, la vieille peau. Les bonnes, tout à coup, se sentent singulièrement lasses. Elles craignent qu’une négligence ne les trahisse. Elles se reprochent mutuellement leur impuissance et leur folie. Genet a souligné là un chose très Importante frustrées, malheureuses, les bonnes sont pleines de fiel. Elles se débattent en vain, chaque jour plus lourdes d’une rancune qui les empoisonne. Cette rancune, elles la crient. Cela les soulage un peu, mals ne les délivre pas. De même (et cette idée a déjà été soulignée par Brecht) la gentillesse superficielle, bon marché et com­plaisante de leur patronne ne leur met aucun baume au cœur. Cela lui est facile, clament-elles avec dépit. Elle est belle, riche, almée. Rien ne la contrarie. Qu’est-ce qui l’empêche de se payer, par surcroît, le luxe de la douceur et d’une relative bonté ? Cette petite joie s’ajoute à celles qu’elle a déjà. Démolir cet abri douillet où elle rosit et èngralsse. Provoquer sa déconfiture, sa débâcle. Voir cet aimable contentement se transformer en hargne crispée… La tentation est irrésistible. Les bonnes y succombent. Mals elles sont si mal armées, comment pourraient-elles réussir ? Condamnées à un demi-esclavage, elles sont en même temps réduites à une quasi-enfance, de sorte que, mal informées du monde et de ses lois, elles ne peuvent concevoir qu’un projet totalement dépourvu de réalisme, et qui échoue lamen­tablement…

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