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Ma mère, c’est pas un ange

Une étonnante fable visuelle, musicale et chorégraphique, avec pour héroïne une mamie un tantinet rock’n roll qui convoque son âme d’enfant dans sa maison de verre.

C’est l’histoire d’une vieille femme ordinaire, au visage marqué par les traces du passé qui vit dans un drôle de kiosque aux murs de verre, enfermée mais exposée au regard de tous. Elle s’amuse à jouer les Calamity Jane, protection de pacotille contre un monde brutal où être une vieille femme vous rend marginale. Autour d’elle, le monde gravite : voisins, amis ou ennemis, nouvelles venues du dehors, catastrophes ou lettres d’amour, événements terrifiants ou réjouissances. Puis les méfiances vont s’effacer à mesure que le kiosque va s’ouvrir. Le spectacle fait dialoguer le corps des acteurs, les objets usés, les marionnettes, les masques, et invite chacun à se raconter sa propre histoire. Se révèle alors notre besoin d’inclusion dans la farandole humaine, de rire de nos petits arrangements avec la réalité, de nous réconcilier avec nos démons, avec nos filles, avec nos mères, avec nous-mêmes. 

Chaussure(s) à son pied

Trouver chaussure(s) à son pied, ou faut-il croire au Prince Charmant ? Ce spectacle du Turak Théâtre aborde avec humour et tendresse notre désir controversé de réincarner Cendrillon.

Si nos grands-mères nous disent que chaque pot a son couvercle, faut-il vraiment les croire ? Faut-il encore aujourd’hui raconter l’histoire de Cendrillon à nos petites filles ? Pour être bien dans ses pompes, faut-il rester dans l’attente du Prince Charmant ? Notre Cendrillon contemporaine, incarnée par Emili Hufnagel, cherche chaussure à son pied et revisite les contes de fées. Seule sur un plan incliné, sur une pente un peu glissante, où elle va croiser trois loups. Avec une infinie délicatesse, elle explore nos histoires d’amour, parfois drôles, agaçantes, décevantes, ou pleines d’espoir. Il lui faudra jouer de toutes ses ruses avec ses compagnons de scène, marionnettes aux crocs aiguisés, pour ne pas céder à l’exaspération, reprendre son souffle après la rupture et repartir dans la vie avec assurance. Campée sur ses jolies chaussures, elle se glisse dans ses robes de lumière pour tourbillonner dans la parade amoureuse. Et l’on aurait bien envie de faire valser avec elle tous nos cœurs brisés. 

PARADES NUPTIALES en Turakie

Elles sont drôles, époustouflantes, étrangement proches du comportement humain. Les parades amoureuses et autres techniques de séduction des animaux sont ici passées à la moulinette inventive du Turak Théâtre. Un régal.

En Turakie, petit pays tout droit sorti de l’imagination de Michel Laubu, le comportement amoureux est inspiré de toutes les parades nuptiales que l’on peut observer dans le monde animal et parmi les humains. Ces petites inventions fragiles qui flirtent quelquefois avec le ridicule ou la maladresse. Toutes ces drôles de danses ou attitudes, qui nous font faire la roue, ou sauter d’un pied sur l’autre, ces allures et ces accoutrements faits de plumes colorées voyantes dont on se pare, de bijoux, de montres brillantes… Choisissons une table comme point d’observation, et comme petit théâtre de ces histoires d’amour. Cupidon s’installe. Il n’est pas dans son assiette, met les pieds dans le plat, tire la nappe à lui, traîne des casseroles, et malgré tout, met les petits plats dans les grands et essaie d’organiser le mieux possible ces rencontres amoureuses bricolées.