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J’ai pris mon père sur mes épaules

Imaginer une pièce qui mettrait en scène les vaincus, les oubliés. Rêver un spectacle où différentes générations d’acteurs, de toutes origines, arriveraient à faire dialoguer un mythe fondateur à l’image de l’Iliade et de l’Odyssée, avec notre âpre réalité contemporaine de crainte terroriste, de faux débats sur notre identité et d’un fort sentiment d’abandon pour des pans entiers de nos concitoyens. Voilà ce qui a animé Fabrice Melquiot et Arnaud Meunier pour ce projet commun. Librement inspiré de plusieurs chants de L’Enéide de Virgile, J’ai pris mon père sur mes épaules est l’épopée comique et désespérée d’un homme malade, Roch, que son fils, Enée, entreprend d’accompagner sur les routes de l’exil, droit vers l’Ouest et le coeur du Portugal. Ce voyage n’est pas un pèlerinage. C’est une échappée vers une terre inconnue, une langue inconnue, un soi inconnu. Il s’agit pour Roch de laisser à Enée le soin de rêver la mort de son père, de l’organiser, de l’écrire, et pour Enée de revêtir une nouvelle peau. Grands acteurs de renom et jeunes comédiens issus de l’école de la Comédie de Saint-Etienne se partagent la distribution de cette pièce à la puissance poétique bouleversante, à la fois intime et universelle, mythique et contemporaine. 

Le monte-plats

Une oeuvre dont le caractère. tragi-comique a trouvé dans l’espace scénique un de ses meilleurs supports. Les dimensions du théâtre en sous-sol se prêtent admirablement au déroulement d’un drame intimiste, tout en teintes grisâtres. Là, deux hommes attendent : Gus, l’angoissé et Ben, le teigneux. Au fur et à mesure que le temps s’écoule, la mission des complices se précise : ils vont tuer le client choisi par Wilson, le maitre de l’action. La tension montera d’un cran, lorsque se mettra à fonctionner un monte-plats, jusque-là silencieux et qui apportera aux deux protagonistes, de bien étranges commandes : poulet au curry, thé sans sucre… macaronis à la grecque, etc. Le dénouement inattendu éclairera toute la férocité, de Wilson, l’homme qui a tiré les ficelles dans l’ombre, et joué sur l’affrontement.

Harold PINTER (né en 1930) fait ses débuts d’auteur en 1953. Successivement acteur et metteur en scène de Ses comédies, puis scénariste de films, il développe une dramaturgie tout à fait personnelle. Le langage réaliste, incohérent, elliptique, non grammatical, souvent humoristique, contribue beaucoup à la tension. présente dans ses comédies